ERS est une entreprise ferroviaire résolument orientée travaux. Pas de FRET. Jamais !…

Si ? Bon, pas trop alors… Et au final, on va en faire quand même car c’est une nécessité sécurité vitale pour nous. Cet article vous explique pourquoi.

Tous nos conducteurs suivent des modules complémentaires pour conduire sur chantier (S9An°1/S9An°3). Mais nous constatons que le maintien des compétences de conduite « pure » est plus difficile lorsque nous sommes constamment exposés aux situations travaux (installations en fonctionnement dégradé, modes d’exploitation différents etc.). Le « tire-pousse » n’aide pas non plus à la montée en compétence de notre contingent annuel de conducteurs nouvellement formés. Il nous faut donc trouver des missions FRET afin de parfaire la formation de nos jeunes et de rappeler aux plus anciens ce que sont des IS qui fonctionnent et des PK qui défilent.

Oui mais voilà, le modèle FRET repose sur une gestion optimisée des roulements, une utilisation maximale des engins etc. C’est la science ultime du mode nominale, la chasse aux aléas pour un système toujours plus efficace et un niveau de sécurité, il faut bien l’avouer, mieux maîtrisé.

Mieux maîtrisé car dans un contexte bien plus favorable : la réglementation est pensée FRET (et pas travaux), le cadencement ou la reproductibilité des phases de production sont autant d’atouts même si tout n’est pas simple pour autant.

Hum… Voilà comment, en deux paragraphes, s’aliéner 100% des lecteurs avertis. Je m’attends à du Moutardier bashing et je ne pourrais pas nier l’avoir bien cherché 🙂

Alors les travaux ? Une bande de fou furieux dangereux ? Non. Bien sûr que non.

Mais une itinérance telle que nous avons tous un mal de chien à former et à suivre les connaissances de ligne par exemple. Et surtout, par dessus tout, une activité basée sur la maîtrise des aléas. Le chantier est un aléas dans l’exploitation commerciale, voire ce n’est qu’une succession d’aléas. Rien n’y est en mode nominale, même pas les IS. Chaque traverse est « comme une boite de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber », et on court aussi, comme Forest, contre le temps sous le regard implacable du dieu Restitime. Bref, l’EF Travaux ne repose pas sur un même degré d’optimisation et sur un processus de production d’une robustesse à toute épreuve. L’EF travaux est un roseau. Son cœur de métier, c’est la réactivité et c’est la gestion des aléas en maintenant le niveau de sécurité de sa production. Bref, c’est l’antithèse du FRET. Le coté obscur qui fait frémir les auditeurs de l’EPSF quelle que soit l’implication H24 de l’encadrement et des compagnons (d’infortune ? :)).

Et c’est ainsi que nous voilà, prêt au départ pour ce premier vrai flux FRET, complètement antinomique avec les impératifs de fonctionnement de notre activité, complètement indispensable aussi à nos ambitions d’excellence sécurité. Et nous ne sommes pas sûr d’arriver à faire coexister ces deux antithèses. Mais nous y allons quand même, forts de l’expérience d’autres qui s’y sont cassé les dents, sûr qu’à l’époque on n’aurait pas fait mieux, mais assez prétentieux pour se dire qu’on va finir par le trouver ce Graal de l’EF 2.0, équilibré et performant.