Nous entrons dans la phase des derniers préparatifs avant la fermeture pour travaux de la ligne entre Dakar et Sebikotane, première tranche du TER qui doit relier la capitale sénégalaise à son nouvel aéroport. Il aura fallu plus d’un an de travail pour mettre au point ce que j’aurais aimé pouvoir faire accepter dans un passé pas si lointain. C’est un S9An°3 « v3 » disons, qui va évoluer tout au long du projet pour intégrer au fur et à mesure les contraintes d’exploitation commerciale (aujourd’hui une voie contiguë circulée, demain le risque électrique, après demain les essais et les dispenses de marche à vue etc.).

2 000 accueils sécurité en Français, en WOLOF, en turc et peut-être encore dans d’autres langues… ERS et Sages Rail se sont véritablement inscrits dans un projet de développement local avec la mise en place d’un centre de formation aux standards EPSF, utilisant les dernières technologies afin d’avoir des évaluations véritablement continues et en temps réel pour adapter à chaque instant le contenu pédagogique délivré.

Un gros « big up », comme disent les jeunes, à #SagesRail (en particulier à J. POLLIER et à son équipe de baroudeurs), à ERS-Sénégal et au backup en France (Bamba, Grégory, Clémence, Mathieu, Mohamed… et d’autres mais je ne vais quand même pas vous citer tous) pour l’implication et la réussite de ce lancement. Une session de formation de RELF et une autre de RZT/APN/Agent LAM/ASP (oui on vous avait bien dit qu’il y avait une voie contiguë… et pour le vocable ACGEC, désolé, je ne m’y suis jamais fait 🙂 ) sont en cours. D’autres sont programmées pour suivre la montée en puissance du chantier qui aura l’intensité d’une LGV (sur moins de km tout de même).

Il y a un un canyon culturel à franchir en matière de management du risque ferroviaire… Je dirai même en terme simplement de conscience du risque ferroviaire (et notamment sa composante électrique qui n’a pas de manifestation concrète avant le drame…). La simple fermeture du chantier aux tiers relève d’un défis quotidien quasi insurmontable. Bref, nous explorons un territoire procéduralement vierge en terme de prise en compte des facteurs humains et culturels. Nous ne résoudrons pas, à nous seuls (ERS/Sages), les causes d’accidentologie sur ce chantier, mais nous avons le sentiment d’apporter notre contribution « colibriesque » au Sénégal émergent, voire de participer à la modernisation de la réglementation ferroviaire du pays.

Au moment de lâcher la plume, petite pensée pour les lecteurs non ferrovipathes (mes excuses pour cette débauche d’acronymes barbares), et pour ceux qui assurent en France pendant qu’on construit ici (François, Aurélien) et un p’ti merci à Régis C. qui sait pourquoi.